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Kinésiologie

Kinésiologue ou kinésithérapeute : la confusion à ne plus faire

Mis à jour le 11 février 20268 min de lecture

Un mot les sépare, et tout le reste aussi. Le masseur-kinésithérapeute est un professionnel de santé : diplôme d’État, inscription obligatoire à l’Ordre, actes remboursés par l’Assurance maladie sur prescription. Le kinésiologue exerce une activité de bien-être non réglementée : pas de diplôme d’État, pas d’Ordre, aucun remboursement, et aucun droit de poser un diagnostic. Les deux métiers ne font pas le même travail.

Une bonne partie des messages qui arrivent au cabinet commencent par une confusion. Des gens cherchent un kiné pour une entorse et tombent sur une kinésiologue. D’autres arrivent avec une ordonnance de leur médecin en pensant qu’elle est valable ici. Elle ne l’est pas.

Autant clarifier une bonne fois, avec les textes en main. Ce n’est pas une querelle de vocabulaire : c’est une différence de statut juridique, et elle a des conséquences très concrètes sur ce que chacun a le droit de faire.

D’où vient la confusion ?

Des deux mots eux-mêmes. Kinêsis, en grec ancien, veut dire mouvement. On le retrouve dans les deux. Kinésithérapie ajoute therapeia, le soin. Kinésiologie ajoute logos, l’étude. Le premier soigne le mouvement, le second prétend l’interroger. Les racines sont voisines, les métiers non.

La ressemblance sonore fait le reste, en particulier au téléphone. Beaucoup de kinésiologues abrègent d’ailleurs peu leur titre pour cette raison précise.

Le tableau qui règle la question

Masseur-kinésithérapeuteKinésiologue
StatutProfession de santé réglementée (art. L4321-1 du code de la santé publique)Activité de bien-être, non réglementée par l’État
DiplômeDiplôme d’État, grade masterAucun diplôme d’État. Formations privées uniquement
Durée des études5 ans : une année de sélection universitaire (PASS, LAS, STAPS) puis 4 ans en institut de formationVariable selon l’école. Les syndicats professionnels demandent en général au moins 500 heures
Titre protégéOui. L’usurper est un délitNon. N’importe qui peut légalement se dire kinésiologue
Ordre professionnelInscription obligatoire à l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutesAucun ordre. Des syndicats et fédérations, dont l’adhésion est volontaire
DiagnosticOui, un diagnostic kinésithérapiqueNon. Jamais, sous aucune forme
Prescription médicaleLe plus souvent nécessaire pour un acte rembourséSans objet. Aucune ordonnance ne s’applique
Remboursement Assurance maladieOui, 60 % du tarif conventionné dans le parcours de soinsAucun remboursement de la Sécurité sociale
Ce qu’il traiteTroubles de la motricité, rééducation, kinésithérapie respiratoire, lymphœdèmeRien. Il accompagne le stress, le sommeil, la confiance, sans visée thérapeutique

Qu’est-ce qu’un kinésithérapeute a le droit de faire ?

Beaucoup de choses, et c’est justement pour ça que son accès est verrouillé. L’article L4321-1 du code de la santé publique définit la masso-kinésithérapie comme un acte de santé qui couvre la promotion de la santé, la prévention, le diagnostic kinésithérapique et le traitement des troubles du mouvement et de la motricité.

En pratique : rééducation après une opération ou une fracture, kinésithérapie respiratoire du nourrisson, prise en charge d’un lymphœdème après un cancer du sein, rééducation périnéale, travail sur les pathologies neurologiques. Rien de tout cela n’est du ressort d’un praticien de bien-être, et un praticien sérieux vous le dira lui-même.

Côté remboursement : la Sécurité sociale prend en charge 60 % du tarif conventionné quand vous passez par votre médecin traitant, 30 % en dehors du parcours de soins. Le reste dépend de votre complémentaire. Source : ameli.fr.

Et un kinésiologue, alors ?

Le mot n’est protégé par rien. Aucun texte ne fixe de durée de formation, de programme minimal ni de contrôle. C’est le point le plus important de cet article, et il faut le lire dans les deux sens : cela veut dire que le sérieux ne se déduit pas du titre, il se vérifie.

Dans un métier non réglementé, la formation reste le seul repère objectif dont vous disposez. Demandez le nom de l’école, sa durée, et vérifiez qu’elle existe. C’est une question banale et une praticienne honnête y répond sans se vexer. Pour ma part, j’ai suivi mes formations en kinésiologie chez SYNAPKIN, en constellations familiales chez TOTEM Formations et en massages bien-être chez MAGIC HANDS.

Trois phrases qui doivent vous faire partir
« Votre problème vient d’une carence, je le vois au test. » « Vous pouvez arrêter votre traitement, on va travailler autrement. » « Il faut prendre le forfait de dix séances, sinon ça ne marchera pas. » Aucune de ces trois phrases n’a sa place dans la bouche d’un praticien de bien-être. La première est un diagnostic, la deuxième est dangereuse, la troisième est un piège commercial.

Qui a le droit de dire « massage » ?

Voilà un point que presque personne ne connaît, y compris parmi les praticiens. Jusqu’en 2016, le mot massage figurait dans la définition légale de la masso-kinésithérapie, ce qui entretenait l’idée d’un monopole total. La loi du 26 janvier 2016 a supprimé cette mention de l’article L4321-1.

La Cour de cassation en a tiré les conséquences dans un arrêt du 29 juin 2021 (chambre criminelle, pourvoi n° 20-83.292), rendu sur une plainte de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes contre une praticienne non diplômée. La Cour juge que la loi de 2016 a redéfini le champ d’intervention exclusif des kinésithérapeutes et que celui-ci se limite aux massages à but thérapeutique.

« La loi du 26 janvier 2016, en supprimant toute référence au massage dans l’article L. 4321-1 du code de la santé publique, a clairement redéfini le champ d’intervention exclusif des masseurs-kinésithérapeutes. » — Cour de cassation, chambre criminelle, 29 juin 2021, n° 20-83.292

Traduction pratique : un praticien non soignant peut légalement proposer un massage de bien-être. Ce qu’il ne peut pas faire, c’est lui donner une visée thérapeutique, promettre de traiter une pathologie, ou laisser croire qu’il soigne. La frontière ne passe pas par le geste. Elle passe par ce qu’on en dit.

Une séance de kinésiologie est-elle remboursée ?

Pas par l’Assurance maladie, et aucune ordonnance ne peut y changer quoi que ce soit. En revanche, certaines complémentaires santé prévoient un forfait annuel dit « médecines douces » qui couvre un nombre limité de séances par an. Les montants et les disciplines éligibles varient énormément d’un contrat à l’autre. Appelez votre mutuelle avant de prendre rendez-vous : c’est le seul moyen de savoir, et cela prend cinq minutes.

Lequel consulter, dans quel cas ?

Votre situationVers qui aller
Entorse, tendinite, suite de fracture ou d’opérationMasseur-kinésithérapeute, avec une prescription
Bronchiolite du nourrisson, encombrement respiratoireMasseur-kinésithérapeute, en urgence
Lymphœdème après un cancer, jambe qui gonfle anormalementMédecin d’abord, puis kinésithérapeute
Douleur qui s’installe, symptôme nouveau, perte de poids inexpliquéeMédecin. Toujours en premier
Stress qui ne redescend plus, sommeil haché, période charnièreKinésiologue, en complément d’un suivi médical s’il y en a un
Enfant agité, difficultés de concentration, peursMédecin ou pédiatre d’abord pour écarter une cause, puis éventuellement kinésiologue
Souffrance psychique, idées noires, traumatisme récentPsychologue, psychiatre, médecin. Pas un praticien de bien-être

Peut-on consulter les deux en parallèle ?

Oui, et c’est même fréquent. Une personne en rééducation après une opération de l’épaule peut très bien voir son kinésithérapeute deux fois par semaine et venir travailler par ailleurs sur l’appréhension qui s’est installée depuis l’accident. Les deux ne se marchent pas dessus, ils ne visent pas la même chose.

Une seule règle, et elle vaut dans les deux sens : dites-le à chacun. Votre kinésithérapeute doit savoir ce que vous faites à côté, et un praticien de bien-être doit savoir que vous êtes suivi. Personne ne se vexe. Cela évite surtout les situations absurdes du type deux conseils posturaux contradictoires dans la même semaine, ou un praticien qui insiste sur une zone qu’on vous a demandé de laisser tranquille.

Les deux métiers ne sont pas en concurrence. Ils ne jouent simplement pas dans le même registre, et le seul cas où ça devient un problème, c’est quand l’un se fait passer pour l’autre.

Si vous hésitez encore sur ce qui correspond à votre situation, la page consacrée à la kinésiologie répond souvent à la question. Sinon, le plus simple reste d’en parler avant de réserver un créneau : un rendez-vous inutile ne rend service à personne.

Besma Satouri

Besma Satouri

Kinésiologue, formée et certifiée auprès de SYNAPKIN. J’accompagne en kinésiologie, du bébé à l'adulte, ainsi qu’en constellations familiales et en massages bien-être. Je reçois place d’Ainay, à Lyon 2, au cœur de la Presqu’île.

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Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le masseur-kinésithérapeute est un professionnel de santé : diplôme d’État, inscription obligatoire à l’Ordre, actes remboursés sur prescription. Le kinésiologue exerce une activité de bien-être non réglementée, sans diplôme d’État, sans Ordre, sans remboursement, et sans droit de poser un diagnostic.

Non. Aucun texte ne fixe de durée de formation, de programme minimal ni de contrôle, et n’importe qui peut légalement se dire kinésiologue. C’est pour cette raison qu’il faut demander le nom de l’école et vérifier qu’elle existe.

Non. Aucune ordonnance ne s’applique à une séance de kinésiologie, et aucune n’est nécessaire. La prescription médicale concerne les actes de santé, pas les activités de bien-être.

Oui, un massage de bien-être. La loi du 26 janvier 2016 a supprimé la référence au massage dans l’article L4321-1, et la Cour de cassation a jugé le 29 juin 2021 que le champ exclusif des kinésithérapeutes se limite aux massages à but thérapeutique.

Oui, c’est fréquent, à une condition : le dire à chacun. Les deux ne visent pas la même chose, mais votre kinésithérapeute doit savoir ce que vous faites à côté, et l’inverse est vrai aussi.