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Au Fil de Soi
Coin salon avec un fauteuil, des plantes sur le rebord de fenêtre et une lampe allumée en fin de journée
Constellations

Constellations familiales : tout comprendre avant de se lancer

Mis à jour le 13 mai 20268 min de lecture

Une constellation familiale est une mise en espace : vous posez une question, d’autres participants représentent les membres de votre famille, et vous les placez les uns par rapport aux autres. Bert Hellinger (1925-2019) a formalisé la méthode dans les années 1990. Ce n’est pas une psychothérapie, ce n’est pas validé scientifiquement, et cela ne remplace jamais un suivi psychologique.

C’est probablement la pratique la plus déroutante proposée au cabinet, et celle sur laquelle il faut être le plus clair. Des inconnus se lèvent dans une pièce, on leur demande de représenter votre grand-mère ou votre frère, ils se placent, et il se passe quelque chose que personne ne sait vraiment expliquer.

Cet article ne cherche pas à vous convaincre. Il cherche à vous donner de quoi décider en connaissance de cause, y compris de ne pas venir.

Qui était Bert Hellinger ?

Un Allemand né en 1925, mort en 2019. Ancien prêtre catholique, il a passé seize ans en Afrique du Sud comme missionnaire enseignant auprès des Zoulous, dont il a observé de près les rituels familiaux. Il quitte ensuite la prêtrise et se forme à la psychanalyse, à l’analyse transactionnelle d’Eric Berne, à la gestalt, à la thérapie familiale systémique et à l’hypnose ericksonienne.

C’est de ce mélange, dans les années 1990, qu’il tire les constellations familiales. Le personnage est controversé, y compris chez ceux qui pratiquent la méthode : certaines de ses positions publiques sur la famille ont été vivement critiquées. Beaucoup de praticiens formés aujourd’hui, dont je fais partie, gardent l’outil et laissent le dogme.

Sur quel principe ça repose ?

Sur une idée empruntée à la thérapie familiale systémique : une famille fonctionne comme un ensemble où chacun occupe une place, et où ce qui n’a pas été dit ou reconnu continue de circuler. Un enfant mort en bas âge dont on ne parle plus. Un exil. Une faillite. Un premier mariage effacé des récits.

Hellinger a formulé trois principes qu’il appelait les ordres de l’amour :

  • L’appartenance : chaque membre du système a droit à sa place, y compris celui qu’on a exclu du récit
  • L’ordre : ceux qui sont venus avant passent avant, et un enfant n’a pas à porter la charge d’un parent
  • L’équilibre entre donner et recevoir : dans un couple, ce qui ne s’équilibre pas finit par peser

Ce sont des grilles de lecture, pas des lois de la nature. Prenez-les comme telles.

Comment ça se passe, concrètement ?

  1. Vous formulez une question, une seule, en une phrase simple. Vous n’avez pas besoin de connaître votre arbre généalogique, ni d’avoir des dates, ni des noms. Beaucoup arrivent avec un ressenti et rien d’autre.
  2. En groupe, vous choisissez parmi les participants ceux qui représenteront les personnes de votre système, et vous les placez dans l’espace, sans expliquer pourquoi. En individuel, on utilise des repères posés au sol, des coussins ou des figurines.
  3. On observe. Les représentants disent ce qu’ils ressentent à leur place, souvent des choses très simples : j’ai froid, je veux partir, je ne peux pas la regarder. Je propose des déplacements, une phrase à dire, et je regarde ce qui bouge.
  4. On s’arrête sur une image apaisée, celle que vous emportez. Pas de compte rendu, pas d’interprétation imposée, pas de conclusion assénée. Le travail continue en vous les semaines suivantes, ou pas.

La durée dépend du format, en groupe ou en individuel : nous en parlons au téléphone avant de fixer la date.

En groupe ou en individuel : que choisir ?

En groupeEn individuel
Ce qui représenteD’autres participants, en chair et en osDes repères posés au sol, coussins ou figurines
DuréeEnviron 2 hEnviron 1 h 30
Ce que vous racontezUne phrase suffit, jamais plus que ce que vous voulezCe que vous voulez, sans témoin
IntensitéSouvent plus forte, l’incarnation par d’autres frappePlus contenue, plus facile à doser
Pour quiCeux que le collectif ne gêne pas, ou qui veulent d’abord observerCeux qui redoutent le regard des autres, ou dont le sujet est très intime
Possible sans se constellerOui, on peut venir uniquement pour représenterSans objet

Venir simplement pour représenter, dans un groupe, reste la meilleure façon de découvrir sans se mettre au centre. Beaucoup de gens commencent comme ça, et certains n’en font jamais plus.

Est-ce que c’est validé scientifiquement ?

Non. Il faut le dire simplement, et cela ne devrait pas être un scoop pour qui vous propose la méthode.

Il n’existe pas de corpus d’essais contrôlés permettant d’affirmer une efficacité. Les travaux publiés reposent sur de petits effectifs, sans groupe contrôle solide, et les mécanismes invoqués par certains praticiens, notamment l’idée d’un champ d’information partagé, ne relèvent d’aucun modèle scientifique établi. L’encyclopédie francophone de référence classe d’ailleurs la méthode parmi les approches pseudoscientifiques.

Ce qu’on peut dire honnêtement : des gens rapportent des changements réels après une constellation, et ces changements sont probablement dus aux mêmes facteurs qui font marcher n’importe quel dispositif d’accompagnement, à savoir mettre en scène ce qu’on n’arrivait pas à formuler, être vu par un groupe, et changer de position par rapport à une histoire. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas magique non plus.

Est-ce que ça remplace une psychothérapie ?

Jamais, en aucune circonstance. Une constellation n’est pas une psychothérapie, et une facilitatrice n’est ni psychologue, ni psychiatre, ni psychothérapeute au sens du titre protégé.

Si vous êtes en dépression, si vous traversez un deuil récent, si vous avez vécu un traumatisme, si vous êtes suivi en psychiatrie ou si des idées noires vous traversent, la priorité est un accompagnement thérapeutique adapté. Une constellation, dans ce contexte, peut au mieux ne rien apporter et au pire remuer ce qui n’est pas contenu. Un praticien sérieux vous le dira et refusera la séance. Cela m’est arrivé, et ça continuera.

À quoi reconnaît-on un praticien sérieux ?

La question est légitime, elle l’est d’autant plus que ce champ n’est encadré par aucun texte. Les autorités françaises chargées de la vigilance sur les dérives sectaires reçoivent régulièrement des signalements dans le secteur du bien-être, et l’absence de cadre officiel rend le tri difficile pour le public.

Voici les repères qui, eux, sont vérifiables :

  • Il nomme son organisme de formation et vous laisse le vérifier sans se braquer
  • Il annonce le cadre avant de commencer, pas après
  • Il ne promet aucune guérison, aucun résultat, aucun délai
  • Il ne vous demande jamais de couper un lien avec un proche
  • Il ne vous vend pas de cycle obligatoire, et vous pouvez arrêter en cours de séance
  • Il ne pose aucun diagnostic et n’émet aucun avis sur un traitement médical en cours
  • Il oriente vers un professionnel de santé quand la situation le demande
Le point qui ne se négocie pas
Aucune approche d’accompagnement n’a à vous demander de rompre avec votre famille, de quitter votre conjoint, d’arrêter un traitement ou de vous éloigner de vos proches. Une constellation peut éclairer un lien. Elle n’a jamais à décider à votre place ce que vous en faites. Si cela vous est demandé, sortez de la pièce, et signalez-le.
« Une constellation est une approche symbolique, pas une psychothérapie. Je ne pose aucun diagnostic, je ne promets aucune guérison, et je ne vous demanderai jamais de couper un lien avec un proche. » — Le cadre annoncé au début de chaque séance, au cabinet Au Fil de Soi

Dans quels cas vaut-il mieux s’abstenir ?

  • Trouble psychiatrique en cours, ou décompensation récente
  • Deuil ou traumatisme datant de moins de quelques mois
  • Suivi psychologique en cours, sans que le thérapeute soit au courant
  • Attente d’une réponse définitive à une question de vie, ou d’une décision prise à votre place
  • Contexte de conflit familial judiciarisé, où une séance risque de devenir une pièce du dossier

Dans le doute, appelez avant de réserver. Une constellation reportée n’a jamais fait de mal à personne.

Les constellations se tiennent au cabinet, 4 place d’Ainay, dans le 2ᵉ arrondissement de Lyon, en groupe et en individuel. Le cadre est posé avant chaque séance, et vous pouvez le demander à l’avance par écrit : voir les questions les plus posées. Les constellations se réservent uniquement par téléphone, au 06 98 70 03 47 : c’est moi qui fixe la date des séances de groupe.

Besma Satouri

Besma Satouri

Kinésiologue, formée et certifiée auprès de SYNAPKIN. J’accompagne en kinésiologie, du bébé à l'adulte, ainsi qu’en constellations familiales et en massages bien-être. Je reçois place d’Ainay, à Lyon 2, au cœur de la Presqu’île.

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Questions fréquentes

Questions fréquentes

Non. Vous n’avez besoin ni de dates, ni de noms, ni d’un arbre déjà reconstitué. Beaucoup de personnes arrivent avec un ressenti et rien d’autre. Ce qu’on vous demande, c’est une question, une seule, formulée en une phrase simple.

Jamais. Une facilitatrice n’est ni psychologue, ni psychiatre, ni psychothérapeute. En cas de dépression, de deuil récent, de traumatisme ou de suivi psychiatrique en cours, la priorité est un accompagnement thérapeutique adapté.

Oui, et c’est même la meilleure façon de découvrir. Dans un groupe, on peut venir uniquement pour représenter quelqu’un, sans se mettre au centre ni raconter quoi que ce soit de son histoire.

Non. Il n’existe pas de corpus d’essais contrôlés permettant d’affirmer une efficacité, les travaux publiés reposent sur de petits effectifs, et les mécanismes invoqués par certains praticiens ne relèvent d’aucun modèle scientifique établi.

Cela dépend du format, et nous le fixons ensemble par téléphone, en même temps que la date. En groupe, d’autres participants représentent les personnes de votre système ; en individuel, on utilise des repères posés au sol, des coussins ou des figurines.