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Massages

Le massage Tuina : d’où il vient, ce qu’il fait, comment ça se passe

Mis à jour le 10 mars 20267 min de lecture

Le Tuina est le massage de la médecine traditionnelle chinoise. Son nom vient de deux gestes : tui, pousser, et na, saisir. Au cabinet, il se pratique à l’huile, sur table, par pressions le long des méridiens et sur des points d’acupression. Contrairement à un massage suédois ou californien, qui cherchent la détente par le glissé, le Tuina travaille des zones ciblées avec une intention de rééquilibrage.

Les gens arrivent souvent au Tuina par déception. Ils ont testé le massage relaxant classique, ils ont passé une heure agréable, et trois jours plus tard la nuque était de nouveau bloquée. Ils cherchent alors quelque chose de plus engagé.

Le Tuina répond assez bien à cette attente, à condition de savoir dans quoi on met les pieds. Ce n’est pas un soin cocooning. C’est un travail.

D’où vient le Tuina ?

De loin. Les techniques manuelles chinoises sont mentionnées dans le Huangdi Neijing, le Classique interne de l’Empereur Jaune, compilé il y a environ deux mille cinq cents ans et considéré comme le texte fondateur de la médecine chinoise.

Le nom Tui Na, lui, est plus tardif. Il se fixe sous la dynastie Ming, entre 1368 et 1644, quand la discipline est identifiée comme une branche distincte. L’histoire moderne est encore mieux datée :

  • 1956 : ouverture à Shanghai de la première école officielle de Tuina et du premier cursus d’État
  • 1974 : création de départements de massage chinois dans les hôpitaux à travers le pays
  • 1987 : fondation de l’Association nationale chinoise de Tuina
  • Aujourd’hui : le Tuina est enseigné dans les universités de médecine traditionnelle chinoise au même titre que l’acupuncture et la pharmacopée

Que veulent dire les mots tui et na ?

推 (tuī), c’est pousser. 拿 (ná), c’est saisir, empoigner. Le nom décrit littéralement les deux gestes de base : on pousse le long d’un trajet, on saisit et on pétrit une masse musculaire. Rien de mystérieux, c’est un nom d’artisan.

L’appellation complète, Tui Na An Mo, ajoute an, presser, et mo, frotter en cercle. Quatre verbes, quatre familles de gestes. Tout le reste en découle.

C’est quoi, un méridien ?

Dans le modèle de la médecine chinoise, les méridiens sont des trajets le long desquels circulerait le qi. Ce modèle ne correspond à aucune structure anatomique identifiée par la médecine occidentale. Il fonctionne comme une carte, pas comme une description d’organe, et il vaut mieux le présenter ainsi.

Cette carte est précise et normalisée. On compte 12 méridiens principaux, bilatéraux, associés chacun à un organe. S’y ajoutent 8 vaisseaux dits extraordinaires ou curieux. Sur ces trajets, l’Organisation mondiale de la santé a standardisé 361 points d’acupuncture en 1991, ce qui a mis fin à des décennies de nomenclatures divergentes selon les écoles.

En Tuina, ces points sont travaillés au doigt, au pouce ou au coude. Pas d’aiguille : la pose d’aiguilles relève de l’acupuncture, qui est en France un acte médical.

Tuina, suédois, californien : quelle différence ?

TuinaSuédoisCalifornien
Origine et dateChine, nom fixé sous les Ming (1368-1644)Suède, Per Henrik Ling, début du XIXᵉ siècleCalifornie, institut Esalen, années 1970
TenueAu cabinet : au drapé, seule la zone travaillée est découverteDéshabillé, drapéDéshabillé, drapé
HuileOui, au cabinetOuiOui, en abondance
Geste dominantPression, pétrissage, étirement, point précisEffleurage, pétrissage, percussionLongs mouvements enveloppants et continus
Ce qu’on viseRééquilibrer un trajet, débloquer une zoneAssouplir le muscle, améliorer la circulationDétente globale, conscience du corps
IntensitéFerme, parfois soutenueModulable, souvent toniqueDouce et lente
Ce qu’on ressent aprèsAmplitude retrouvée, chaleur diffuseMuscles assouplis, énergieDétente profonde, parfois somnolence

Une façon simple de trancher : si vous voulez une parenthèse, prenez un californien. Si vous voulez qu’on aille chercher une zone précise qui vous embête depuis six mois, prenez un Tuina.

Comment se passe une séance ?

  1. Un temps d’échange. On repère les zones concernées, depuis quand, dans quelles circonstances ça se déclenche. Le Tuina ne se pratique pas à l’aveugle, la séance se construit sur ce que vous décrivez.
  2. Le travail sur les trajets. Pressions profondes le long des méridiens, étirements, mobilisations des articulations. Vous réglez la pression avec moi en continu : le bon niveau est celui où c’est intense mais où vous respirez encore normalement.
  3. Le travail sur les points. Une dizaine de points précis, à l’avant et à l’arrière du corps, choisis selon ce qui est ressorti au début. C’est la partie la plus statique et souvent la plus surprenante.
  4. Un temps de retour au calme, court, puis on regarde ensemble ce qui a bougé dans l’amplitude de la nuque ou des épaules.

Est-ce que ça fait mal ?

C’est appuyé. Sur un trapèze très contracté, la pression sur un point peut être franchement désagréable pendant quelques secondes, avec cette sensation particulière qui fait dire aux gens « c’est bon et ça fait mal en même temps ». Ça ne doit jamais aller au-delà.

Une douleur vive, une brûlure, un fourmillement dans le bras : on arrête et on en parle. Des courbatures le lendemain sont possibles, comme après une séance de sport. Des bleus, non.

Que dit la science sur le Tuina ?

Soyons nets. Les études disponibles sur les massages de la médecine chinoise sont majoritairement de faible qualité méthodologique, souvent conduites sur de petits effectifs. Il existe des signaux sur la douleur musculo-squelettique et la détente, rien qui permette de parler de traitement.

Un point d’actualité prête souvent à confusion. En 2019, l’Organisation mondiale de la santé a intégré un chapitre consacré à la médecine traditionnelle dans la onzième révision de la Classification internationale des maladies, entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Cette classification sert à compter et à comparer les recours aux soins dans les statistiques de santé publique. Elle ne constitue en aucun cas une validation d’efficacité clinique, et l’OMS l’a précisé elle-même.

Le cadre, sans ambiguïté
Le massage Tuina proposé au cabinet est un massage de bien-être. Il ne soigne aucune pathologie, ne remplace ni un avis médical, ni une prise en charge en kinésithérapie. Si une douleur persiste, s’aggrave, ou s’accompagne d’un symptôme nouveau, consultez un médecin. Un massage ne doit jamais retarder un diagnostic.

Dans quels cas faut-il s’abstenir ?

  • Fièvre, infection en cours, éruption cutanée non identifiée
  • Fracture récente, entorse aiguë, inflammation vive sur la zone
  • Phlébite, thrombose, troubles de la coagulation, traitement anticoagulant
  • Grossesse : la séance est possible mais entièrement adaptée, prévenez avant de réserver
  • Cancer en cours de traitement : accord préalable du médecin, sans exception
  • Peau lésée, plaie ouverte, brûlure récente sur la zone à travailler

Faut-il prévoir quelque chose de particulier ?

Rien du tout. Le massage se pratique à l’huile, sur table et au drapé : seule la zone travaillée est découverte, le reste du corps reste couvert. Vous vous installez seule, et vous pouvez prévoir de quoi vous recoiffer si je travaille la nuque et les épaules.

Buvez de l’eau après. C’est le seul conseil qui vaut vraiment, et il n’a rien de magique : le travail des tissus donne soif.

Le Tuina se pratique au cabinet, 4 place d’Ainay, dans le 2ᵉ arrondissement de Lyon, à trois minutes du métro Ampère — Victor Hugo. Une séance dure une heure trente : le massage Tuina au cabinet de Lyon 2e ou réserver un créneau. Si vous cherchez plutôt quelque chose de très doux, le drainage lymphatique est à l’opposé exact de celui-ci.

Besma Satouri

Besma Satouri

Kinésiologue, formée et certifiée auprès de SYNAPKIN. J’accompagne en kinésiologie, du bébé à l'adulte, ainsi qu’en constellations familiales et en massages bien-être. Je reçois place d’Ainay, à Lyon 2, au cœur de la Presqu’île.

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Questions fréquentes

Questions fréquentes

Oui. Au cabinet, le Tuina se pratique à l’huile, sur table et au drapé : seule la zone travaillée est découverte, le reste du corps reste couvert en permanence.

C’est appuyé. Sur un trapèze très contracté, la pression sur un point peut être désagréable quelques secondes. Le bon niveau est celui où c’est intense mais où vous respirez encore normalement. Une douleur vive ou un fourmillement dans le bras : on arrête.

Non. Les points sont travaillés au doigt, au pouce ou au coude. La pose d’aiguilles relève de l’acupuncture, qui est en France un acte médical.

Une heure trente, avec un temps d’échange au début, le travail le long des trajets, puis sur les points, et un court retour au calme.